Journée annuelle de diffusion des comptes extérieurs du Niger 2013 : Echanges sur la balance des paiements et les opportunités d'investissements dans notre pays ()

La direction nationale de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) pour le Niger a organisé hier, à la Chambre de Commerce, d'Industrie et d'Artisanat du Niger, la 7ème journée de diffusion des comptes extérieurs du Niger au titre de l'année 2013. L'objectif de cette journée est d'élargir le champ de partage des informations et accroître la perception de leur importance dans l'analyse, la décision et la formulation des politiques économiques. Cette rencontre a été présidée par M. Mohamed Boucha, ministre délégué au Budget en présence de Mme Zeynabou Mamane, représentante du directeur de la BCEAO-Niger, du représentant du président de la Chambre de commerce, du président de l'Association Professionnelle des Banques et Établissements Financiers du Niger, des directeurs généraux et chefs d'Entreprises, des membres du comité balance des paiements et de plusieurs invités.
En 2013, la balance des paiements du Niger est ressortie excédentaire de 99.053 millions contre 162.685 millions enregistré en 2012. Cette évolution traduit principalement un repli des flux de capitaux privés étrangers, sous forme d'apports des investisseurs directs après le pic intervenu en 2011. La balance des paiements est un outil important d'aide à la décision et de formulation de politiques économiques. Cependant, son exploitation souffre d'une diffusion restreinte auprès des agents économiques et d'une faible connaissance des concepts développés dans les comptes extérieurs. A cet égard, il est apparu opportun de définir un cadre formalisé et harmonisé au sein des pays de l'UEMOA, en vue de permettre une utilisation appropriée de cet instrument. C'est dans cette perspective que les autorités de la Banque Centrale ont décidé d'instaurer une Journée annuelle de diffusion des comptes extérieurs dans les pays membres de l'UEMOA, dont la première édition au Niger s'est tenue en août 2010.

En 2013, la balance des paiements du Niger est ressortie excédentaire, mais le déficit structurel de la balance courante s'est accentué, en passant de 521.600 en 2012 à 568.281 millions en 2013. Cette évolution résulte d'une dégradation des soldes des services, des revenus primaires et secondaires, partiellement compensée par une amélioration du solde de la balance des biens. Dans son allocution, la représentante du directeur de la BCEAO Niger, a indiqué que les autorités nigériennes accordent une attention constante aux missions de la Banque Centrale et leur engagement en faveur de toute initiative visant l'amélioration des performances macroéconomiques du Niger. Selon Mme Zeynabou Mamane, la balance des paiements occupe une place de choix parmi les outils d'analyse économique, en ce qu'elle retrace les transactions et les flux financiers entre un pays et le reste du monde. Elle constitue de ce fait, un instrument indispensable à l'appréciation de la compétitivité économique, dans le contexte actuel de globalisation des échanges.
En effet, «ses rubriques et ses soldes caractéristiques, par leur importance et orientation, informent, d'une part, sur la participation d'une économie aux flux d'échanges internationaux et, d'autre part, sur sa structure et sa situation conjoncturelle. Cette analyse permet d'identifier les déséquilibres éventuels et de proposer des solutions pour leur prise en charge », a-t-elle déclaré. Mme Zeynabou Mamane a en outre dit que l'instauration de cette journée, par les autorités de la Banque Centrale, répond au souci d'assurer une diffusion plus large des comptes extérieurs dans un cadre formalisé et harmonisé au sein de l'UEMOA, tout en participant au renforcement des cadres de dialogue existants entre les secteurs public et privé. Il s'agit aussi de mettre en place un espace d'échanges et de réflexions sur les problèmes et les opportunités économiques dont les comptes extérieurs en sont un des reflets.
Cette journée d'échanges permet de recueillir et de relayer des propositions du secteur non étatique pour une amélioration des politiques économiques. Elle est consacrée à l'analyse du profil des comptes extérieurs du Niger au titre de l'année 2013 et à la présentation d'une communication sur «l'attractivité des investissements directs étrangers au Niger et, plus globalement, dans les pays membres de l'Union». Par ailleurs, il faut souligner que le solde déficitaire du commerce s'est creusé au cours des années récentes. Ce constat selon Mme Zeynabou Mamane interpelle tout un chacun sur la nécessité d'améliorer la synergie des actions. «Il nous incite également à favoriser les échanges entre les structures intervenant dans la conduite des politiques économiques», a-t-elle souligné avant d'exhorter les participants à se pencher sur la question de collaboration statistique afin de formuler des recommandations quant à la forme de collaboration à envisager avec tous les intervenants de la chaîne de confection de la balance des paiements.
Pour le ministre délégué au Budget, cette rencontre est désormais entrée dans l'agenda des grands événements de la Banque Centrale. Elle s'inscrit dans le cadre du renforcement de la concertation entre les secteurs public et privé. Selon M. Mohamed Boucha, elle offre à l'ensemble des acteurs économiques l'opportunité de jeter un regard rétrospectif sur les performances macroéconomiques du Niger, notamment sa compétitivité vis-à-vis de l'extérieur. Par conséquent, «j'attache une grande importance à la qualité de vos débats sur le thème, qui, je l'espère déboucheront sur des propositions pertinentes pour, d'une part, renforcer l'attractivité de notre pays aux investissements directs étrangers et, d'autre part, contribuer à la diversification de la structure de nos échanges extérieurs » a-t-il déclaré avant d'affirmer que, la poursuite des réformes engagées par le Gouvernement, visant notamment l'assainissement des finances publiques, la restructuration du secteur financier, la promotion du secteur privé et la diversification de la gamme de produits exportables, permettra d'atteindre cet objectif.
Seini Seydou Zakaria



Categorie: Economie
Source: Le Sahel
Date: 11/03/2015


Revue de Presse : Economie