Fin de la 24ème édition du Fespaco : L'étalon d'or de Yennenga attribué au film Fièvres, du réalisateur Hicham Ayouch, du Maroc ()

C'était le moment tant attendu du Fespaco, celle des palmarès avec le très convoité trophée, de l'étalon d'or de Yennenga. La cérémonie qui a consacré la clôture du Fespaco au Palais des sports de Ouagadougou avec pour cette 24ème édition, la proclamation des palmarès marquée par le sacre du Maroc dont le film « Fièvres », du réalisateur Hicham AYOUCH est l'étalon d'or de Yennenga 2015.
Ce fut un peu la surprise du Fespaco 2015, lorsque le producteur et réalisateur de nationalité ghanéenne Waw Paintsil Ansah, président du jury films long métrage, a prononcé la petite phrase : «L'étalon d'or de Yennenga va à Fièvres, de Hicham Ayouch, du Maroc ». Moment de cris de joie, d'applaudissement au Palais des sports de Ouaga. En fait pour beaucoup, c'était une surprise, car ils n'étaient pas nombreux les festivaliers qui évoquaient dans leurs pronostics et commentaires le film primé. Aussi, Fièvres ne figurait pas sur la liste des prix spéciaux et techniques, qui ont été proclamés au début de la cérémonie. On ne le sentait pas tellement venir, c'est donc ''directement'' que Fièvres a franchi la plus haute marche du podium du Fespaco. Le film réalisé en 2014, est ainsi résumé : « Déterminé, Benjamin décide à 13 ans d'aller vivre chez son père Karim qu'il ne connait pas. Karim habite toujours chez ses parents et se laisse porter par la vie. Il se retrouve démuni face à cet adolescent insolent et impulsif qui va violemment bouleverser leur vie, dans ce quartier aux multiples visages. ».

C'est débordé par l'émotion que Hicham Ayouch est apparu sur le podium pour recevoir des mains du Président du Faso, M Kafando le trophée, et le chèque de 20.000.000 FCFA. Le trophée est symbolisé par une statue de la princesse mythologique Yennenga fondatrice du royaume Moogo (rassemblant les peuples mossis) dans l'actuel Burkina Faso. Yennenga est représentée sur son cheval se cabrant, une lance dans une main, en train de crier.
«Je suis très ému. Je dédie ce prix à la mémoire de mon coscénariste, qui m'a quitté il n'y a pas longtemps.» tels sont les premiers mots prononcés par le lauréat, qui a précisé qu'il est né de père marocain et de mère tunisienne. et à Hicham Ayouch, de s'élancer dans un discours plutôt engagé : « Je suis africain, et je suis fier de l'être. Je suis africain, et je dirais que nous sommes un continent beau, un continent noble, nous sommes un continent riche, nous sommes la mère de toutes les terres, nous sommes l'essence du monde », a- t-il lancé sous les applaudissements du public. Hicham Ayouch a poursuivi sur un ton dénonciateur, parlant de l'exploitation dont a été l'objet le continent africain, le sang des innocents versé à cause des guerres que connait encore le continent africain, et appelant à une coopération juste, et non à l'aide. Il a aussi magnifié la culture africaine, et appelé les africains à œuvrer pour un changement de mentalité grâce à l'art, l'imaginaire, et l'éducation. « On nous a volé notre passé, on a tenté d'effacer notre histoire, mais notre futur nous appartient », a relancé le jeune réalisateur de 38 ans, et journaliste de formation, connu pour son caractère provocateur.
C'est toujours l'Afrique du nord qui occupe la deuxième marche du podium du Fespaco 2015, avec le film Fadhma N'Soumer de Belkacem Hadjaj d'Algérie, à qui est allé l'étalon d'argent, accompagné d'un chèque de 10.000.000 FCFA. Auparavant, le même film a été primé des prix techniques pour le meilleur son, et le meilleur scénario doté respectivement de 1.000.000 FCFA.
Le film l'œil du cyclone de Sékou Traoré du Burkina a fermé la marche du podium des étalons, avec l'étalon de Bronze, trophée accompagné d'un chèque de 5.000.000 FCFA.
Pour ce qui est des poulains de Yennenga des courts métrages, c'est le film de « De l'eau et du sang », d'Abdelilah El Jaouhari du Maroc, qui a remporté le poulain d'or trophée accompagné d'un chèque de 3.000.000 FCFA. Tandis que le film Madame Ester de Luck Razanajoana de Madagascar s'est adjugé le poulain d'argent et 2.000.000 FCFA suivi de Zakaria de la tunisienne Leila Bouzid avec le poulain de bronze et un chèque de 1.000.000 FCFA.
Dans la catégorie série télévisée, Marie Christine Amon de la Côte d'Ivoire a remporté le prix de 3.000.000 en jeu avec Chroniques Africaines, une série bien connue par les téléspectateurs de la chaine A+. Pour ce qui est des documentaires, c'est Miners Shot Down de Rehad Desai de l'Afrique du Sud qui est le gagnant du premier prix de 3.000.000 FCFA, suivi par Mahmadou Cissé du Mali avec Devoir de mémoire, et Dom Pedro d'Angola avec Tango Tango.
Concernant les films présentés par les écoles, Pape Abdoulaye du Sénégal a remporté le prix de 2.000.000 FCFA du meilleur film fiction avec Sagar. Le prix du meilleur film documentaire d'école est allé à Aïssata Ouarma de l'ISIS-SE/ du Burkina Faso, et le prix spécial du jury pour film d'école est revenu à Peter Sedufia de NAFTI du Ghana.

Souley Moutari, envoyé spécial



Categorie: Culture
Source: Le Sahel
Date: 11/03/2015